Takayama

Le Japon du Studio Ghibli

En cette période de Covid-19, et la fermetures des frontières, le Japon semble à nouveau être redevenue une destination bien lointaine qu’il faudra patienter avant de (re)découvrir. Heureusement, il est possible d’y faire de longs voyages depuis chez soi grâce au génie des animateurs du Studio Ghibli qui recréent, comme personne, les paysages de leur pays.

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Souvenirs de Marnie – Omoide no Mānī, H. Yonebayashi, 2014

Avec plus de trente-cinq d’existence et plus d’une vingtaine de films à son actif, le Studio Ghibli s’est imposé comme l’une des plus grandes références cinématographiques du secteur du dessin animé. Fondé en 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, le Studio Ghibli aborde une diversité de thèmes allant du réalisme des films d’Isao Takahata aux contes oniriques d’Hayao Miyazaki. Cette double approche a permis au studio de balayer depuis sa naissance un nombre impressionnant de sujets, et surtout, de nous transporter dans un nombre impressionnant de lieux, de la douce solitude de la campagne à la frénésie de la grande ville.

Embarquons, depuis notre canapé, pour un voyage animé vers le pays du soleil levant.

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La colline aux coquelicots –Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011

« Si tu tends l’oreille » : le quartier de Tama à Tokyo

Pour un studio dont les bureaux sont basés dans la préfecture de Tokyo, les films du Studio Ghibli ne présentent que relativement peu d’intrigues se déroulant directement dans la capitale. Quelques films nous laissent toutefois entrevoir l’ambiance de la parfois calme, parfois frénétique, Tokyo.

« Si tu tends l’oreille » (Mimi o sumaseba, de Yoshifumi Kondo sorti en 1995) est l’un des rares films du studio à se dérouler intégralement en banlieue de Tokyo, dans la petite ville de Tama (ville où se situe également l’intrigue de « Pompoko », autre film du studio). Dans cette jolie histoire, la jeune héroïne Shizuku Tsukishima, écrivaine à ses heures perdues, se lie d’amitié avec Seiji, un adolescent qui rêve de devenir luthier. Alors que Seiji se rend en Italie afin d’étudier le métier, Shizuku décide d’écrire un roman en son absence afin de lui prouver, à son retour, qu’elle aussi est capable de poursuivre ses rêves. Au cours de cette année bien particulière, Shizuku déambule dans Tokyo, entre métro, temple et jolies ruelles. Des images magnifiques qui nous présentent une ville à l’ambiance calme, où le temps semble arrêté, reflétant la longue attente du retour de Seiji.

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Le sanctuaire shinto représenté dans le film est un vrai sanctuaire de Tokyo, situé dans le quartier de Seiseki-Sakuragoka (Si tu tends l’oreille – Mimi o sumaseba, Y. Kondo, 1995)

Si l’histoire se déroule en grande partie à Tama, l’ambiance des rues dans lesquelles se balade Shizuku se retrouve dans de nombreux quartiers plus centraux de Tokyo, comme par exemple le quartier de Yanaka. Petits quartiers calmes où se mêlent maisons à pans de bois et constructions plus modernes, il règne parfois sur ces rues une tranquillité étonnante pour une ville de cette taille.

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Le quartier de Yanaka est un quartier paisible du centre de Tokyo, à l’image du quartier de Tama
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Lors de ses balades, Shizuku découvre un mystérieux magasin d’antiquités (Si tu tends l’oreille – Mimi o sumaseba, Y. Kondo, 1995)
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Le quartier de Shibuya à Tokyo (dans sa partie située au nord de la station de métro Omotesando) comporte de nombreuses petites rues similaires à l’ambiance du film

Pour ceux qui souhaiteraient voir en vrai l’ambiance du film, direction la station de métro Seiseki-Sakuragaoka à Tokyo, à la sortie de laquelle un plan du quartier retrace les principaux lieux où se déroule l’intrigue. Certaines rues du quartier ont été reproduites à l’identique pour les besoins du film, pour la grande joie des habitants qui ont eu le bonheur de parfois reconnaître leurs maisons à l’écran.

Je peux entendre l’océan : entre la frénétique Tokyo et la calme Kochi

Inversement, dans le film « Je peux entendre l’océan » (umi ga kikoeru, de Tomomi Mochizuki sorti en 1993), c’est une toute autre ville qui semble nous être présentée. Et pour cause, le personnage de Rikako fait une fugue pour rejoindre Tokyo, sa ville natale, après avoir été forcée à déménager avec sa mère dans la ville Kochi. Rikako s’ennuie à Kochi, malgré la présence de la mer, et ne rêve que d’une chose : rejoindre à nouveau la grande ville. On passe donc une journée à Tokyo en compagnie de Rikako, et de son ami Taku, entraîné malgré lui dans cette expédition mouvementée.

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Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993
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La compagnie de train JR est la principale compagnie de train japonaise (Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993)

Si Rikako rêve de quitter la ville de Kochi, celle-ci bénéficie pourtant d’un très beau cadre. Située sur l’île de Shikoku (l’une des quatre principales îles de l’archipel), au bord de la mer, Kochi est particulièrement célèbre pour son château du 17ème siècle dont on aperçoit de nombreuses images au long du film.

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Taku et son meilleur ami, Yutaka, avec en fond le château de Kochi. Symbole de la ville, le château fut construit au début des années 1600, à la suite de la bataille de Sekigahara, l’une des plus importantes batailles de l’époque féodale (Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993)
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« Hariyamabashi », le pont de Hariyama, est un site touristique important de Kochi. On raconte qu’au 19ème siècle, un moine acheta une épingle à cheveux pour une femme dont il était tombé secrètement amoureux dans un magasin situé à l’entrée du pont. Le moine fut banni pour n’avoir pas respecté son voeu de célibat. Le pont est resté célèbre pour cette histoire d’amour tragique… et également pour avoir été quasiment englouti par l’urbanisation du quartier (Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993)
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Au Japon, la conduite s’effectue à gauche. Ce volant est donc tout à fait bien positionné (Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993)
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La ville de Kochi se situe en bord de mer (Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993)

« La colline aux coquelicots » : Yokohama

Autre film se déroulant en bord de mer, « La coline aux coquelicots » (Kokuriko zaka kara, de Goro Miyazaki sorti 2011) nous propulse à Yokohama, avec un bond dans le temps en prime puisque l’intrigue se déroule dans les années 1960 à quelques mois des jeux olympiques de Tokyo de 1964. Umi et Shun, deux lycéens, décident d’unir leurs forces pour empêcher la destruction du foyer des élèves de leur lycée, destiné à être démoli pour moderniser la ville en prévision des jeux olympiques. Une romance adolescente qui nous laisse apercevoir de magnifiques paysages.

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La pension de la colline aux coquelicots où vit Umi (La colline aux coquelicots –Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011)
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Le port de pêche où travaille le père de Shun (La colline aux coquelicots-Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011)
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Aperçu d’une rue commerçante du Yokohama des années 1960. Aujourd’hui Yokohama est la deuxième plus grande ville du pays, et l’architecture moderne a pris le pas sur les anciennes constructions de bois. Le quartier de Yamate a toutefois conservé d’anciennes demeures imposantes (la plupart ayant malheureusement été détruites pendant le grand tremblement de terre de 1923). Non loin du quartier de Yamate, la rue Motomachi a été l’une des premières rues où les commerçants étrangers furent autorisés à s’installer à la fin du 19ème siècle après la réouverture du pays. Bien que reconstruite de nombreuses fois, et extrêmement modernisé, la rue Motomachi est réputée avoir conservé une ambiance européenne. (La colline aux coquelicots-Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011)
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La colline aux coquelicots-Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011
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Après la fin de la période Edo (1603-1867), Yokohama fut l’un des seuls ports du pays autorisé à accueillir des étrangers. La ville a donc connu un développement extrêmement rapide et reste à ce jour l’un des ports les plus importants du Japon (La colline aux coquelicots-Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011)
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Tout au long du film, Umi et Shun portent leurs uniformes de lycéens. L’uniforme traditionnel, encore porté aujourd’hui, a été introduit au Japon au 19ème siècle et s’inspire des uniformes de la marine militaire occidentale (La colline aux coquelicots-Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011)

« Ponyo sur la falaise » : les villages de pêcheurs de la mer de Seto

« Ponyo sur la falaise » (Gake no ue no Ponyo de Hayao Miyazaki, sorti en 2008) se déroule dans un charmant petit village de pêche. Si le lieu de l’intrigue n’est pas explicitement précisé dans le film, il semblerait que les paysages aient été inspirés par le village de Tomonoura. Située au bord de la mer intérieure de Seto, entre Osaka et Hiroshima, Tomonoura est réputée pour son petit centre préservé et pittoresque. Le village fait partie du parc national de la mer intérieure de Seto, qui abrite de nombreuses curiosités naturelles comme les tourbillons de Naruto.

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Le village où se déroule l’intrigue de « Ponyo sur la falaise », inspiré des villages de pêcheurs situés au bord de la mer intérieure de Seto (Ponyo sur la falaise – Gake no ue no Ponyo, H. Miyazaki, 2008)

« Souvenirs goutte à goutte » : la province de Yamagata

Le film « Souvenirs goutte à goutte » (Omoide poro poro, de Isao Takahata, sorti en 1991) s’ouvre sur des plans d’immeubles, des ascenseurs, une succession de bureaux où des standardistes pianotent sur leur calculatrice (nous sommes en 1982). C’est ici que travaille Taeko, notre héroïne, dans une réalité pas si éloignée de celles de millions de Tokyoïtes.

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Les immeubles de bureaux sur lesquels s’ouvre le film n’ont fait que se multiplier depuis les années 1980s. Ici sur l’image : le Shibuya Scramble Square, construit à proximité du célèbre carrefour de Shibuya et achevé en novembre 2019 (Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)

Un voyage en train plus tard, Taeko est propulsée dans la vie dont elle rêve : celle de la campagne. Une occasion pour le Studio Ghibli de s’offrir une plongée dans le monde rural. A travers ses souvenirs, s’oppose la vision de la ville adoucie par la nostalgie et de la campagne idéalisée par Taeko. Le film ne tranche pas entre ces deux approches, mais offre de très belles images de ces deux mondes.

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Taeko quittant Tokyo pour rejoindre sa famille à la campagne (Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)
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Taeko en plein travail (Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)

Le film se déroule dans la province de Yamagata, à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Tokyo. La région est, encore aujourd’hui, principalement connue pour ses produits agricoles et plus particulièrement pour ses cerises. La préfecture de Yamagata abrite également une zone plus montagneuse.

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(Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)
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La région de Yamagata est réputée pour ses champs de fleurs de carthame (safran des teinturiers) dans lesquels va travailler Taeko (Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)
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(Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)
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Les paysages de « Souvenirs goutte à goutte » rappellent les paysages de certaines autres régions montagneuses du Japon, comme ici par exemple le village de Shirakawa-Go situé dans les Alpes japonaises.
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Champignons lavés à la fontaine à Shirakawa-Go

« Mon voisin Totoro » : la préfecture de Saitama

Autre film emblématique du Studio Ghibli (si ce n’est LE film le plus emblématique), « Mon voisin Totoro » (Tonari no Totoro de Hayao Miyazaki sorti en 1988) se déroule également intégralement à la campagne, près de Tokorozawa (aujourd’hui banlieue éloignée de Tokyo). A la fin des années 1950, Satsuki et Mei, deux enfants, déménagent avec leur père à la campagne pour se rapprocher du sanatorium où vit leur mère, atteinte de tuberculose. Loin d’être une histoire triste, « Mon voisin Totoro » est un film extrêmement poétique qui nous plonge dans la beauté de la campagne japonaise.

Les paysages figurant dans le film ont été inspirés des forêts situés aux abords de Tokyo, dans la préfecture de Saitama (où se déroule le film). L’une des forêts de la région a d’ailleurs pris le nom de « Forêt de Totoro n°1« .

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Une copie de la maison de Satsuki et Mei a été reconstruite à l’identique dans un parc de Nagoya (Mon voisin Totoro – Tonari no Totoro, H. Miyazaki, 1988)
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Mon voisin Totoro – Tonari no Totoro, H. Miyazaki, 1988
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Mon voisin Totoro – Tonari no Totoro, H. Miyazaki, 1988

L’occasion également de faire la rencontre de Totoro, mascotte la plus célèbre du Studio. Bien que cela ne soit pas explicitement indiqué, Totoro semble être un kami, c’est-à-dire un esprit de la nature, vénéré dans la religion shintoïste.

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Mon voisin Totoro – Tonari no Totoro, H. Miyazaki, 1988

« Princesse Mononoké » : l’île de Yakushima

Dans le film « Princesse Mononoké » (Mononoke hime de Hayao Miyazaki, sorti en 1997), le prince Ashitaka se retrouve frappé d’une malédiction après avoir tué Nago, un dieu sanglier devenu démoniaque. Obligé de quitter son village, Ashitaka décide de partir à la recherche de l’origine de la colère des dieux afin de les apaiser et de lever la malédiction qui le ronge. Ashitaka se retrouve rapidement mêlé à un conflit opposant Dame Eboshi, une noble dame à la tête d’une industrie militaire, à San (la Princesse Mononoké) jeune humaine ayant été élevée par les loups et qui veut prendre sa revanche sur les hommes détruisant ses forêts.

Un film qui nous replonge dans le Japon féodal et qui nous transporte à travers montagnes et forêts dans une ambiance mystique. Les paysages du film ont notamment été inspirés par ceux de l’île de Yakushima, une île classée au patrimoine mondial de l’Unesco, au sud de l’archipel principal du Japon, célèbre pour sa végétation luxuriante (dont un cèdre, surnommé Jomonsugi, qui serait vieux de plus de 2.000 ans). Pas étonnant donc que ces forêts aient inspiré à Miyazaki ce conte écologique. La forêt de Shiratani unsui-kyō située sur l’île est aujourd’hui surnommée « la forêt de la Princesse Mononoké » (Mononoke-hime no mori).

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Princesse Mononoké – Mononoke hime, H. Miyazaki, 1997
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Forêt de l’île de Yakushima (Photographie par IT-STUDIO)
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L’esprit de la forêt apparaissant dans le film est représenté sous les traits d’un cerf (Princesse Mononoké – Mononoke hime, H. Miyazaki, 1997)
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La représentation de l’esprit de la forêt n’est pas sans rappeler les statues de cerfs que l’on retrouve dans la ville de Nara, au sud de Kyoto, ville où les cerfs sont vénérés en tant que divinités
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Un daim dans la ville de Nara

« Le voyage de Chihiro » : voyage dans le monde des esprits

Dans « le voyage de Chihiro » (Sen to Chihiro no kamikakushi, de Hayao Miyazaki sorti en 2001), Chihiro se retrouve propulsée dans le monde des esprits après que ses parents aient dévoré, sans permission, un festin destiné aux esprits. Un voyage dont elle se serait bien passé, car pour racheter sa liberté, elle est condamnée à travailler dans les bains de la sorcière Yubaba.

Le voyage de Chihiro s’appuie sur de nombreux éléments du folklore japonais. L’établissement de bain où travaille Chihiro est ainsi inspiré de réels onsens (bains traditionnels), et plus particulièrement des bains de la ville de Dogo, l’un des plus anciens établissements de ce type du pays.

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Le voyage de Chihiro – Sen to Chihiro no kamikakushi, H. Miyazaki, 2001

De nombreuses scènes du film ont également été inspirées par les bâtiments présentés au musée d’architecture en plein air Edo-Tokyo. On y retrouve notamment un ancien wagon de tram dont l’intérieur a inspiré le fameux train du film, ainsi que des boutiques que l’on retrouve dans le village habité par les esprits.

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Le voyage de Chihiro – Sen to Chihiro no kamikakushi, H. Miyazaki, 2001
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Le voyage de Chihiro – Sen to Chihiro no kamikakushi, H. Miyazaki, 2001

Et pour ceux qui auraient envie de voyager hors du Japon, certains films du Studio Ghibli se déroulent en Europe. L’occasion, peut-être, pour un prochain voyage 🙂

Les films du Studio Ghibli sont actuellement tous disponibles sur Netflix. Toutes les captures d’écran présentées dans cet article sont issus du site officiel du Studio Ghibli qui a rendu publiques de nombreuses images de ses films.

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Souvenirs de Marnie – Omoide no Mānī, H. Yonebayashi, 2014

Avec plus de trente-cinq d’existence et plus d’une vingtaine de films à son actif, le Studio Ghibli s’est imposé comme l’une des plus grandes références cinématographiques du secteur du dessin animé. Fondé en 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, le Studio Ghibli aborde une diversité de thèmes allant du réalisme des films d’Isao Takahata aux contes oniriques d’Hayao Miyazaki. Cette double approche a permis au studio de balayer depuis sa naissance un nombre impressionnant de sujets, et surtout, de nous transporter dans un nombre impressionnant de lieux, de la douce solitude de la campagne à la frénésie de la grande ville.

Embarquons, depuis notre canapé, pour un voyage animé vers le pays du soleil levant.

La colline aux coquelicots –Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011
  • « Si tu tends l’oreille » : le quartier de Tama à Tokyo

Pour un studio dont les bureaux sont basés dans la préfecture de Tokyo, les films du Studio Ghibli ne présentent que relativement peu d’intrigues se déroulant directement dans la capitale. Quelques films nous laissent toutefois entrevoir l’ambiance de la parfois calme, parfois frénétique, Tokyo.

« Si tu tends l’oreille » (Mimi o sumaseba, de Yoshifumi Kondo sorti en 1995) est l’un des rares films des studios à se dérouler intégralement en banlieue de Tokyo, dans la petite ville de Tama (ville où se situe également l’intrigue de « Pompoko », autre film des studios). Dans cette jolie histoire, la jeune héroïne Shizuku Tsukishima, écrivaine à ses heures perdues, se lie d’amitié avec Seiji, un adolescent qui rêve de devenir luthier. Alors que Seiji se rend en Italie afin d’étudier le métier, Shizuku décide d’écrire un roman en son absence afin de lui prouver, à son retour, qu’elle aussi est capable de poursuivre ses rêves. Au cours de cette année bien particulière, Shizuku déambule dans Tokyo, entre métro, temple et jolies ruelles. Des images magnifiques qui nous présentent une ville à l’ambiance calme, où le temps semble arrêté, reflétant la longue attente du retour de Seiji.

Le sanctuaire shinto représenté dans le film est un vrai sanctuaire de Tokyo, situé dans le quartier de Seiseki-Sakuragoka (Si tu tends l’oreille – Mimi o sumaseba, Y. Kondo, 1995)

Si l’histoire se déroule en grande partie à Tama, l’ambiance des rues dans lesquelles se balade Shizuku se retrouve dans de nombreux quartiers plus centraux de Tokyo, comme par exemple le quartier de Yanaka. Petits quartiers calmes où se mêlent maisons à pans de bois et constructions plus modernes, il règne parfois sur ces rues une tranquillité étonnante pour une ville de cette taille.

Le quartier de Yanaka est un quartier paisible du centre de Tokyo, à l’image du quartier de Tama
Lors de ses balades, Shizuku découvre un mystérieux magasin d’antiquités (Si tu tends l’oreille – Mimi o sumaseba, Y. Kondo, 1995)
Le quartier de Shibuya à Tokyo (dans sa partie située au nord de la station de métro Omotesando) comporte de nombreuses petites rues similaires à l’ambiance du film

Pour ceux qui souhaiteraient voir en vrai l’ambiance du film, direction la station de métro Seiseki-Sakuragaoka à Tokyo, à la sortie de laquelle un plan du quartier retrace les principaux lieux où se déroulent l’intrigue. Certaines rues du quartier ont été reproduites à l’identique pour les besoins du film, pour la grande joie des habitants qui ont eu le bonheur de parfois reconnaître leurs maisons à l’écran.

  • Je peux entendre l’océan : entre la frénétique Tokyo et la calme Kochi

Inversement, dans le film « Je peux entendre l’océan » (umi ga kikoeru, de Tomomi Mochizuki sorti en 1993), c’est une toute autre ville qui semble nous être présentée. Et pour cause, le personnage de Rikako fait une fugue pour rejoindre Tokyo, sa ville natale, après avoir été forcée à déménager avec sa mère dans la ville Kochi. Rikako s’ennuie à Kochi, malgré la présence de la mer, et ne rêve que d’une chose : rejoindre à nouveau la grande ville. On passe donc une journée à Tokyo en compagnie de Rikako, et de son ami Taku, entraîné malgré lui dans cette expédition mouvementée.

Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993
La compagnie de train JR est la principale compagnie de train japonaise (Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993)

Si Rikako rêve de quitter la ville de Kochi, celle-ci bénéficie pourtant d’un très beau cadre. Située sur l’île de Shikoku (l’une des quatre principales îles de l’archipel), au bord de la mer, Kochi est particulièrement célèbre pour son château du 17ème siècle dont on aperçoit de nombreuses images au long du film.

Taku et son meilleur ami, Yutaka, avec en fond le château de Kochi. Symbole de la ville, le château fut construit au début des années 1600, à la suite de la bataille de Sekigahara, l’une des plus importantes batailles de l’époque féodale (Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993)
« Hariyamabashi », le pont de Hariyama, est un site touristique important de Kochi. On raconte qu’au 19ème siècle, un moine acheta une épingle à cheveux pour une femme dont il était tombé secrètement amoureux dans un magasin situé à l’entrée du pont. Le moine fut banni pour n’avoir pas respecté son voeu de célibat. Le pont est resté célèbre pour cette histoire d’amour tragique… et également pour avoir été quasiment englouti par l’urbanisation du quartier (Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993)
Au Japon, la conduite s’effectue à gauche. Ce volant est donc tout à fait bien positionné (Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993)
La ville de Kochi se situe en bord de mer (Je peux entendre l’océan – Umi ga kikoeru, T. Mochizuki, 1993)

« La colline aux coquelicots » : Yokohama

Autre film se déroulant en bord de mer, « La coline aux coquelicots » (Kokuriko zaka kara, de Goro Miyazaki sorti 2011) nous propulse à Yokohama, avec un bond dans le temps en prime puisque l’intrigue se déroule dans les années 1960 à quelques mois des jeux olympiques de Tokyo de 1964. Umi et Shun, deux lycéens, décident d’unir leurs forces pour empêcher la destruction du foyer des élèves de leur lycée, destiné à être démoli pour moderniser la ville en prévision des jeux olympiques. Une romance adolescente qui nous laisse apercevoir de magnifiques paysages.

La pension de la colline aux coquelicots où vit Umi (La colline aux coquelicots –Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011)
Le port de pêche où travaille le père de Shun (La colline aux coquelicots-Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011)
Aperçu d’une rue commerçante du Yokohama des années 1960s. Aujourd’hui Yokohama est la deuxième plus grande ville du pays, et l’architecture moderne a pris le pas sur les anciennes constructions de bois. Le quartier de Yamate a toutefois conservé d’anciennes demeures imposantes (la plupart ayant malheureusement été détruites pendant le grand tremblement de terre de 1923). Non loin du quartier de Yamate, la rue Motomachi a été l’une des premières rues où les commerçants étrangers furent autorisés à s’installer à la fin du 19ème siècle après la réouverture du pays. Bien que reconstruite de nombreuses fois, et extrêmement modernisé, la rue Motomachi est réputée avoir conservé une ambiance européenne. (La colline aux coquelicots-Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011)
La colline aux coquelicots-Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011
Après la fin de la période Edo (1603-1867), Yokohama fut l’un des seuls ports du pays autorisé à accueillir des étrangers. La ville a donc connu un développement extrêmement rapide et reste à ce jour l’un des ports les plus importants du Japon (La colline aux coquelicots-Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011)
Tout au long du film, Umi et Shun portent leurs uniformes de lycéens. L’uniforme traditionnel, encore porté aujourd’hui, a été introduit au Japon au 19ème siècle et s’inspire des uniformes de la marine militaire occidentale (La colline aux coquelicots-Kokuriko zaka kara, G. Miyazaki, 2011)
  • « Ponyo sur la falaise » : les villages de pêcheurs de la mer de Seto

« Ponyo sur la falaise » (Gake no ue no Ponyo de Hayao Miyazaki, sorti en 2008) se déroule dans un charmant petit village de pêche. Si le lieu de l’intrigue n’est pas explicitement précisé dans le film, il semblerait que les paysages aient été inspirés par le village de Tomonoura. Située au bord de la mer intérieure de Seto, entre Osaka et Hiroshima, Tomonoura est réputée pour son petit centre préservé et pittoresque. Le village fait partie du parc national de la mer intérieure de Seto, qui abrite de nombreuses curiosités naturelles comme les tourbillons de Naruto.

Le village où se déroule l’intrigue de « Ponyo sur la falaise », inspiré des villages de pêcheurs situés au bord de la mer intérieure de Seto (Ponyo sur la falaise – Gake no ue no Ponyo, H. Miyazaki, 2008)
  • « Souvenirs gouttes à gouttes » : la province de Yamagata

Le film « Souvenirs gouttes à gouttes » (Omoide poro poro, de Isao Takahata, sorti en 1991) s’ouvre sur des plans d’immeubles, des ascenseurs, une succession de bureaux où des standardistes pianotent sur leur calculatrice (nous sommes en 1982). C’est ici que travaille Taeko, notre héroïne, dans une réalité pas si éloignée de celles de millions de Tokyoïtes.

Les immeubles de bureaux sur lesquels s’ouvre le film n’ont fait que se multiplier depuis les années 1980s. Ici sur l’image : le Shibuya Scramble Square, construit à proximité du célèbre carrefour de Shibuya et achevé en novembre 2019 (Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)

Un voyage en train plus tard, Taeko est propulsée dans la vie dont elle rêve : celle de la campagne. Une occasion pour le Studio Ghibli de s’offrir une plongée dans le monde rural. A travers ses souvenirs, s’oppose la vision de la ville adoucie par la nostalgie et de la campagne idéalisée par Taeko. Le film ne tranche pas entre ces deux approches, mais offre de très belles images de ces deux mondes.

Taeko quittant Tokyo pour rejoindre sa famille à la campagne (Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)
Taeko en plein travail (Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)

Le film se déroule dans la province de Yamagata, à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Tokyo. La région est, encore aujourd’hui, principalement connue pour ses produits agricoles et plus particulièrement pour ses cerises. La préfecture de Yamagata abrite également une zone plus montagneuse.

(Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)
La région de Yamagata est réputée pour ses champs de fleurs de carthame (safran des teinturiers) dans lesquels va travailler Taeko (Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)
(Souvenirs goutte à goutte – Omoide poro poro, I. Takahata, 1991)
Les paysages de « Souvenirs goutte à goutte » rappellent les paysags de certaines autres régions montagneuses du Japon, comme ici par exemple le village de Shirakawa-Go situé dans les Alpes japonaises.
Champignons lavés à la fontaine à Shirakawa-Go
  • « Mon voisin Totoro » : la préfecture de Saitama

Autre film emblématique des Studio Ghibli (si ce n’est LE film le plus emblématique), « Mon voisin Totoro » (Tonari no Totoro de Hayao Miyazaki sorti en 1988) se déroule également intégralement à la campagne, près de Tokorozawa (aujourd’hui banlieue éloignée de Tokyo). A la fin des années 1950, Satsuki et Mei, deux enfants, déménagent avec leur père à la campagne pour se rapprocher du sanatorium où vit leur mère, atteinte de tuberculose. Loin d’être une histoire triste, « Mon voisin Totoro » est un film extrêmement poétique qui nous plonge dans la beauté de la campagne japonaise.

Les paysages figurant dans le film ont été inspirés des forêts situés aux abords de Tokyo, dans la préfecture de Saitama (où se déroule le film). L’une des forêts de la région a d’ailleurs pris le nom de « Forêt de Totoro n°1 ».

Une copie de la maison de Satsuki et Mei a été reconstruite à l’identique dans un parc de Nagoya (Mon voisin Totoro – Tonari no Totoro, H. Miyazaki, 1988)
Mon voisin Totoro – Tonari no Totoro, H. Miyazaki, 1988
Mon voisin Totoro – Tonari no Totoro, H. Miyazaki, 1988

L’occasion également de faire la rencontre de Totoro, mascotte la plus célèbre du Studio. Bien que cela ne soit pas explicitement indiqué, Totoro semble être un kami, c’est-à-dire un esprit de la nature, vénéré dans la religion shintoïste.

Mon voisin Totoro – Tonari no Totoro, H. Miyazaki, 1988
  • « Princesse Mononoké » : l’île de Yakushima

Dans le film « Princesse Mononoké » (Mononoke hime de Hayao Miyazaki, sorti en 1997), le prince Ashitaka se retrouve frappé d’une malédiction après avoir tué Nago, un dieu sanglier devenu démoniaque. Obligé de quitter son village, Ashitaka décide de partir à la recherche de l’origine de la colère des dieux afin de les apaiser et de lever la malédiction qui le ronge. Ashitaka se retrouve rapidement mêlé à un conflit opposant Dame Eboshi, une noble dame à la tête d’une industrie militaire, à San (la Princesse Mononoké) jeune humaine ayant été élevée par les loups et qui veut prendre sa revanche sur les hommes détruisant ses forêts.

Un film qui nous replonge dans le Japon féodal et qui nous transporte à travers montagnes et forêts dans une ambiance mystique. Les paysages du film ont notamment été inspirés par ceux de l’île de Yakushima, une île classée au patrimoine mondial de l’Unesco, au sud de l’archipel principal du Japon, célèbre pour sa végétation luxuriante (dont un cèdre, surnommé Jomonsugi, qui serait vieux de plus de 2.000 ans). Pas étonnant donc que ces forêts aient inspiré à Miyazaki ce conte écologique. La forêt de Shiratani unsui-kyō située sur l’île est aujourd’hui surnommée « la forêt de la Princesse Mononoké » (Mononoke-hime no mori).

Princesse Mononoké – Mononoke hime, H. Miyazaki, 1997
Forêt de l’île de Yakushima (Photographie par IT-STUDIO)
L’esprit de la forêt apparaissant dans le film est représenté sous les traits d’un cerf (Princesse Mononoké – Mononoke hime, H. Miyazaki, 1997)
La représentation de l’esprit de la forêt n’est pas sans rappeler les statues de cerfs que l’on retrouve dans la ville de Nara, au sud de Kyoto, ville où les cerfs sont vénérés en tant que divinités
Un daim dans la ville de Nara
  • « Le voyage de Chihiro » : voyage dans le monde des esprits

Dans « le voyage de Chihiro » (Sen to Chihiro no kamikakushi, de Hayao Miyazaki sorti en 2001), Chihiro se retrouve propulsée dans le monde des esprits après que ses parents aient dévoré, sans permission, un festin destiné aux esprits. Un voyage dont elle se serait bien passé, car pour racheter sa liberté, elle est condamnée à travailler dans les bains de la sorcière Yubaba.

Le voyage de Chihiro s’appuie sur de nombreux éléments du folklore japonais. L’établissement de bain où travaille Chihiro est ainsi inspiré de réels onsens (bains traditionnels), et plus particulièrement des bains de la ville de Dogo, l’un des plus anciens établissements de ce type du pays.

Le voyage de Chihiro – Sen to Chihiro no kamikakushi, H. Miyazaki, 2001

De nombreuses scènes du film ont également été inspirées par les bâtiments présentés au musée d’architecture en plein air Edo-Tokyo. On y retrouve notamment un ancien wagon de tram dont l’intérieur a inspiré le fameux train du film, ainsi que des boutiques que l’on retrouve dans le village habité par les esprits.

Le voyage de Chihiro – Sen to Chihiro no kamikakushi, H. Miyazaki, 2001
Le voyage de Chihiro – Sen to Chihiro no kamikakushi, H. Miyazaki, 2001

Et pour ceux qui auraient envie de voyager hors du Japon, certains films du Studio Ghibli se déroulent en Europe. L’occasion, peut-être, pour un prochain voyage 🙂

Les films du Studio Ghibli sont actuellement tous disponibles sur Netflix. Toutes les captures d’écran présentées dans cet article sont issus du site officiel des Studios Ghibli qui a rendu publiques de nombreuses images de leurs films.

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2 commentaires

  1. Chris Bellabas

    Merci pour ce moment de dépaysement en cette période où nous n’avons plus que nos esprits pour nous échapper ! En plus je n’y connais rien à la culture japonaise, cela me permet de combler un peu cette lacune et ça c’est rudement appréciable ^^ ça m’en fait des films à regarder xD entre ceux que j’avais déjà dans ma liste « films à voir » et ceux que tu proposes, toutes mes soirées sont occupées jusqu’à la fin d’année x’)

    Merci pour cet article détaillé !

    Aimé par 1 personne

    1. Le voyageur imaginaire

      Merci beaucoup pour ton commentaire 🙂 Haha, c’est vrai que les films du Studio Ghibli, il y en a suffisamment pour tenir très longtemps ! Vu que tu aimes écrire, le film « si tu tends l’oreille » parle un peu du processus créatif et de l’écriture (même si ça reste une histoire assez simple), ou sinon Le Voyage de Chihiro ou Princesse Mononoké sont très bien pour commencer et découvrir cet univers 🙂

      Aimé par 1 personne

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