Quelques jours à Florence

Ne quittons pas l’Italie tout de suite après ces quelques jours à Trieste, et prolongeons la Dolce Vita avec une escapade à Florence.

A l’écriture d’un précédent article sur Rome, j’avais éprouvé quelques difficultés à résumer toutes les choses qu’il y a à voir dans la capitale italienne sans tomber sans le déballage façon catalogue. Face à Florence, me voilà confrontée au même problème : comment retranscrire en quelques lignes toute la beauté d’une ville au patrimoine aussi riche ? Puisque évoquer chaque détail de Florence nécessiterait sûrement un guide de la taille d’un annuaire, je suis obligée de faire quelques coupes pour me concentrer uniquement sur ce que j’ai préféré. La moralité, c’est surtout que l’on pourrait sans doute passer une vie à explorer l’Italie, sans jamais en avoir vraiment fait le tour.

Mais commençons d’abord par planter le décor : notre séjour remonte à août 2021 où, après quelques jours à Rome, nous avons repris le train pour Florence (astuce : les trains italiens sont extrêmement pratiques pour se déplacer en Italie puisque la forme du pays, tout en longueur, lui permet d’avoir un axe de train nord-sud très bien développé) (petit bémol : depuis l’éboulement de l’année dernière sur les voies ferrées de la Vallée de la Maurienne, le trafic ferroviaire est, à ce jour, toujours perturbé entre la France et l’Italie et ce jusqu’à au moins 2025). Nous voici donc arrivés à Florence après un peu moins de deux heures de train depuis Rome, sous une chaleur caniculaire (42 degrés au compteur la semaine de notre visite) pour découvrir une ville somme toute pas si grande, mais où la quantité de choses à voir est monumentale (Florence abriterait à elle seule quasiment la moitié des œuvres d’art de toute l’Italie).

Avanti pour la découverte de la capitale toscane.

LE QUARTIER DE LA Basilique Santa Maria Novella

Nous rentrons dans le vif du sujet dès la descente du train, puisque la gare se situe juste à côté de la Basilique Santa Maria Novella, la toute première basilique de Florence. Et si la précision « première » est importante, c’est parce que Florence en compte un certain nombre, chaque ordre religieux ayant voulu la sienne. Il ne faut donc pas confondre la Basilica di Santa Maria Novella des Dominicains, avec la Basilica di Santa Croce des Franciscains et la Basilica di Santa Maria del Santo Spirito des Augustins. Les ordres mendiants se faisaient visiblement sacrément concurrence dans la ville à la Renaissance.

Toujours est-il que, si l’on arrive en train, la Basilique Santa Maria Novella est probablement la première que l’on croisera sur notre route, et elle en met tout de suite plein les yeux avec sa façade de marbre blanc, vert et rouge (décor que l’on retrouvera à de nombreux reprises à Florence). Mais autant vous prévenir dès maintenant : comme souvent en Italie, l’entrée de la Basilique est payante. N’hésitez donc pas à vous renseigner sur les monuments et musées que vous souhaitez absolument visiter pendant votre séjour à Florence parce qu’à essayer de tout voir, on peut vite exploser le budget.

Autre point d’intérêt situé non loin de là : la Officina Profumo-Farmaceutica di Santa Maria Novella (ou plus simplement Pharmacie de Santa Maria Novella) est l’une des plus anciennes officines d’apothicaire au monde. Si aujourd’hui on y fabrique encore des produits cosmétiques de luxe, il est surtout possible de visiter la magnifique ancienne boutique située Via della Scala. L’intérieur a été conservé dans le style de l’époque, ce qui nous permet de nous mettre un peu dans la peau des riches nobles de la Renaissance qui venaient y faire leur shopping. Et si vous ne pouvez vous rendre à Florence, sachez que cette enseigne a quelques boutiques à Paris.

Enfin, d’un point de vue plus pratique, les alentours de la Basilique Santa Maria Novella (notamment la Via della Scala) sont une bonne option de logement pour découvrir l’hypercentre de Florence situé à deux pas. Le coin regorge également de bons restaurants pour découvrir la cuisine locale et notamment la spécialité de la ville : le steak florentin (viande de bœuf assez peu cuite souvent servie avec de l’huile d’olive).

La Basilique San Lorenzo de Florence

Vu de l’extérieur, la Basilique San Lorenzo de Florence impressionne un peu moins que sa collègue de la Piazza Santa Maria Novella. C’est que, faute de marbre, la façade est surtout composée de vieilles briques ocres. Pour autant, attention à ne pas se laisser avoir par son aspect extérieur plus modeste, la Basilique San Lorenzo de Florence reste l’une des églises les plus importantes de Florence puisque l’on y trouve pêle-mêle des œuvres de Donatello ou encore Michel-Ange. C’est donc plutôt pour ses chefs-d’œuvre intérieurs qu’on la visite. Elle est accolée à la Chapelle des Médicis où reposent les membres de la fameuse famille des Médicis.

Et comme si la profusion d’œuvres ne suffisait pas à l’intérieur de la Basilique, celle-ci comporte également un joli cloître avec un bel oranger où il fait bon trouver un peu de fraîcheur entre deux visites. Par une journée de canicule, c’est un coin agréable pour faire une petite pause à l’ombre (et dans un calme relatif).

Attention tout de même, là encore, comme souvent à Florence, l’entrée est relativement chère, et le billet ne donne pas accès à la Chapelle Médicis qui dispose d’une entrée à part.

La Cattedrale di Santa Maria del Fiore et le Battistero di San Giovianni

La Cattedrale di Santa Maria del Fiore et probablement LE monument de Florence, connu dans le monde entier grâce à son dôme magnifique (encore aujourd’hui l’un des plus grands du monde) et sa façade aux incroyables détails de marbre.

Une fois le premier émerveillement passé, il y a plusieurs choses à découvrir sur la Piazza del Duomo :

  • La Cathédrale située en plein cœur de la place et dont le dôme est visible de plusieurs coins de la ville ;
  • Le Baptistère de Saint-Jean de forme octogonale et du même style que la Cathédrale, surtout connue pour sa « Porte du Paradis », immense porte de bronze, présentant dix scènes de la Bible ;
  • Le Campanile de Giotto, qui bien que dans le même style que la Cathédrale, est en fait un bâtiment indépendant qui culmine à 84,70 mètres.

Attention à s’armer de patience pour la visite de tous ces lieux, la queue serpente autour de la Cathédrale dès tôt le matin et n’avance pas très vite. Ce qui laisse au moins le temps de faire connaissance avec ses voisins. D’ailleurs, si le couple de rouennais avec qui nous avons discuté au moins une heure et demie, avant de réaliser que nous n’avions avancé que de quelques mètres et qu’à ce rythme là nous allions y passer la journée, passe par là je leur souhaite une bonne journée.

(Foule oblige, nous n’avons malheureusement jamais réussi à rentrer à l’intérieur, ayant préféré partir visiter le reste de la ville plutôt que d’attendre les quatre-cinq heures nécessaires pour rentrer dans le bâtiment).

Le Mercato di Sant’Ambrogio

Situé légèrement à l’écart de l’hypercentre, le Marché de Saint Ambroise permet de faire une agréable pause pour découvrir dans le quartier la gastronomie florentine. Lors de notre visite de la ville, le quartier situé aux alentours était étonnement vide et calme (surtout en comparaison avec le centre où il était parfois quasiment impossible de mettre un pied devant l’autre sans se faire bousculer par quelqu’un). C’est en allant nous balader vers le Marché de Saint Ambroise que nous avons vu, pour la quasi seule fois de notre séjour, des rues vides. Nous ne sommes pas particulièrement misanthropes mais de temps en temps cela fait aussi du bien de pouvoir flâner en silence.

Florence abrite également d’autres marchés comme le Mercato Centrale situé (logiquement) en plein centre-ville.

Le Palazzo Vecchio et la Piazza della Signoria

Retour aux choses plus sérieuses avec la visite du Palazzo Vecchio, 50% forteresse et 50% riche palais renaissance. Le bâtiment est aujourd’hui encore l’hôtel de ville de Florence et abrite un musée. On doit la construction du Palazzo Vecchio à Arnolfo di Cambio, architecte déjà en charge du Duomo de la Cathédrale et de la Basilique Santa Croce (un sacré carnet de commande…). Il est assez fou de s’imaginer que la quasi-intégralité des bâtiments iconiques de Florence ont été construits en l’espace de quelques décennies seulement pendant la Renaissance sous l’impulsion d’un petit groupe de personnes.

L’intérieur du bâtiment permet de découvrir les magnifiques pièces Renaissance et une profusion de tableaux et statues (la réplique de certaines de ces statues est exposée sur la Piazza Della Signoria à l’extérieur du bâtiment).

La Galerie des Offices (Gallerie degli Uffizi)

S’il n’y avait qu’un seul musée à faire à Florence, ce serait celui-ci.

Tout d’abord, bien évidemment, en raison de sa magnifique collection. Parmi les œuvres exposées les plus connues se trouvent « la Naissance de Vénus » de Botticelli, « le Printemps » de Botticelli ou encore « la Méduse » du Caravage. Pour un dépaysement à domicile, le site de la Galerie des Offices permet d’admirer les œuvres du musée depuis son salon.

Mais l’intérêt du musée repose également dans son aménagement. Les salles (très jolies au demeurant) sont relativement sobres. Elle ne sont pas surchargées et on ne risque pas l’effet d’accumulation et d’overdose de certains autres musées (je pense notamment au Palazzo Pitti où certaines salles sont tant recouvertes de tableaux que l’on ne sait finalement plus où donner de la tête). Je suis ressortie de la Galerie des Offices après plusieurs heures de visite avec l’impression d’avoir vraiment pu prendre le temps de m’arrêter pour apprécier chaque œuvre, ce qui est assez rare pour être souligné.

C’est également l’occasion pour moi de vous faire découvrir The Ideal Museum, une newsletter sur l’art disponible sur Substack qui décrypte chaque semaine une œuvre, célèbre ou non, et son apport à l’histoire de l’art (gratuit – en anglais). L’occasion d’une visite hebdomadaire au musée pendant sa pause café.

Le Ponte Vecchio

Le Ponte Vecchio enjambe l’Arno permettant de relier les deux rives tout en flânant parmi les boutiques d’orfèvrerie. Le pont est très joli vu de l’extérieur, depuis la terrasse du Musée des Offices, mais également vu de l’intérieur (pour peu que l’on arrive à passer une tête parmi tous les touristes).

Les Giardino Bardini

Florence compte un certain nombre d’espaces verts, surtout sur sa rive sud, dont les plus connus sont sans conteste les jardins de Boboli (Giardino di Boboli) accolés au Palazzo Pitti. J’avoue toutefois ne pas forcément avoir eu de coup de cœur pour ces jardins (probablement parce que le mois d’août à 42 degrés en plein soleil n’était, rétrospectivement, pas le meilleur moment pour s’aventurer dans un jardin avec d’immenses espaces dégagés). En revanche, nous avons découvert, à deux pas de là, le jardin Bardini (Giardino Bardini), plus petit et discret, tout en pentes et offrant de jolies vues sur la ville. Dans la guerre des parcs de Florence, ma préférence va donc à ce dernier (attention, ce jardin est assez escarpé par endroits).

Et pour ceux qui ont encore du courage, et des mollets aguerris, il est possible de continuer ensuite la balade jusqu’à la Place Michel-Ange (Piazzale Michelangelo) pour admirer la vue sur la ville.

Idéal pour terminer cette balade en beauté.

A voir aussi, EN VRAC…

Le David de Michel-Ange dont l’original est exposé à l’Académie des Beaux-Arts (une copie est toutefois visible sur la Piazza della Signoria et une autre sur la Piazzalle Michelangelo)
Le bâtiment de l’Hôpital des Innocents (Spedale degli Innocenti)
La Basilique Santo Spirito (Basilica di Santa Maria del Santo Spirito)…
…située dans le charmant quartier de Santo Spirito

*

Retrouvez moi également sur Instagram :

Laisser un commentaire