Le Trollstigen, sur l’échelle des trolls

Entre le Trollstigen (« l’échelle des trolls »), le Trolltunga (« la langue du troll »), le Trolltinden (« la montagne du troll »), le Trollveggen ou encore le Trollklørn, une chose est sûre : en Norvège, on aime beaucoup les trolls (et il est là bien évidemment question du personnage mythologique, pas des personnes qui sous-marinent sur les forums internet).

De tous les lieux de Norvège où l’on peut croiser ces fameuses étranges créatures, le plus connu est sans nul doute le Trollstigen. Tellement connu à vrai dire que cette petite route, reliant les villes d’Åndalsnes et de Valldal, est aujourd’hui l’un des sites touristiques les plus visités du pays.

Vue sur la route du Trollstigen depuis l’observatoire

Mais qu’est-ce que le Trollstigen exactement?

Sur le papier, le Trollstigen est techniquement juste une route. Une simple route de Norvège, pas bien différente sur une carte de nos petites départementales locales, reliant les villes d’Åndalsnes et de Valldal dans le comté de Møre og Romsdal (une région côtière du centre), et faisant partie de la route 63.

Dans la réalité, le Trollstigen est une route spectactulaire, composée de pas moins de onze virages en tête d’épingle, qui semble tout droit sortie d’un roman de fantasy (personnellement, le Trollstigen me rappelle la route de Dunharrow dans le Seigneur des Anneaux, mais c’est sans doute juste l’admiratrice de Tolkien en moi qui parle). Des hautes falaises sombres, de la brume dans la vallée, une route qui serpente au bord d’une cascade, tout y est.

Le Trollstigen

Pas étonnant que le lieu porte un nom tout aussi fantastique que le paysage : le Trollstigen, c’est-à-dire très littéralement « l’échelle du troll ».

Un panneau « attention passage de trolls », nous voici prévenu(e)s

Le personnage du troll fait partie intégrante du folklore norvégien. Créature légendaire de la mythologie norvégienne, le troll est un être peu amical. On en distinguerait deux types : ceux vivant dans les forêts et ceux vivant dans les cavernes. Dans les deux cas, croiser le chemin d’un troll n’est jamais une très bonne nouvelle tant le troll est réputé être aussi dangereux que bête.

Des trolls selon l’interprétation de John Bauer (1915)

A l’origine, dans les croyances paganistes des Vikings, le personnage du troll représentait les forces (dangereuses) de la nature. Dans les légendes, les trolls vivaient souvent solitaires dans les régions montagneuses à l’abri de la lumière, n’interragissant avec les humains que pour mieux les manger. Avec la christianisation du pays, la figure du troll a changé pour devenir une représentation des forces du mal (dans le folklore, les trolls sont d’ailleurs aujourd’hui réputés détester le son des cloches).

C’est vers la fin du dix-neuvième siècle que la figure du troll redevient à la mode, avec la montée du mouvement du nationalisme romantique norvégien, qui célèbre la beauté des paysages du pays et ses anciennes légendes. Le troll refait alors à nouveau son apparition dans la littérature (comme par exemple dans la pièce « Peer Gynt » d’Henrik Ibsen en 1876), dans la musique (mais si, le mondialement célèbre « Dans l’antre du roi de la montagne » d’Edvard Grieg) ou encore dans la peinture et les illustrations des vieux contes.

Un troll dépeint par l’illustrateur norvégien Théodore Kittelsen (1911)

Le troll devient alors un sujet d’étude académique, à la redécouverte des anciens mythes. Des travaux sont menés pour collecter les contes et légendes anciennes, dans un important travail d’archivage qui donnera lieu à la publication de compilations d’histoires dès les années 1930.

Mai quel rapport alors avec le Trollstigen? Et bien, (coïncidence ou non), le Trollstigen fut officiellement inauguré en 1936. Pas étonnant alors que pour le nom, le choix se soit porté sur cet élément du folklore. Et il faut dire que l’environnement s’y prêtait particulièrement bien, car il ne faut pas un gros effort d’imagination pour se figurer les créatures mystérieuses qui vivent parmi ces montagnes.

Pour ceux qui souhaiteraient visiter les lieux, la route du Trollstigen est généralement ouverte du printemps jusqu’à la fin de l’été (les dates d’ouverture varient d’une année à l’autre selon l’enneigement). L’accès au site est gratuit, mais aussi très touristique, attendez-vous donc à ne pas être seuls, en espérant que la foule ne chasse pas les trolls.

Le « visitor center »

La Norvège étant un pays magnifique, le Trollstigen n’est pas la seule curiosité à explorer dans la région, la route 63 passant également non loin du Geirangerfjord, l’un des très beaux fjords du pays. Pour se loger dans le coin, coup de coeur pour le Gjerdset Turistcenter, non loin de la ville d’Åndalsnes, qui permet de louer des petits gîtes avec une vue magnifique sur les montagnes.

Vue depuis le Gjerdset Turistcenter
Vue sur le Geirangerfjord

*

Pour retrouver cet article sur Pinterest:

Retrouverez moi également sur Instagram:

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s