Lustre Musée de l'Ermitage

Visite virtuelle du musée de l’Ermitage

Avec ses murs turquoise, blanc et or, sa collection de plus de trois millions de pièces et ses quatre millions de visiteurs annuels, on ne présente plus le musée de l’Ermitage de Saint-Petersbourg.

Installé (en partie) dans le Palais d’Hiver, au bord de la Neva, l’Ermitage est tout aussi célèbre pour son bâtiment que pour ses oeuvres. Des dorures à foison, des murs couleur bleu nuit et framboise, des moulures dans chaque salle éclairés par d’imposants lustres, le palais est un magnifique écrin aux tableaux, sculptures, et autres pièces qui y sont présentées.

Et la bonne nouvelle, c’est que l’on peut profiter de toutes ces merveilles sans bouger depuis son canapé.

Le musée de l’Ermitage a, en effet, mis en ligne une visite virtuelle de la quasi-intégralité du musée. Pour y accéder, c’est par ici (disponible en russe et anglais). Il est donc désormais possible de se balader depuis chez soi, et d’admirer les oeuvres à son rythme.

C’est parti pour une visite des principaux chefs-d’oeuvre du musée de l’Ermitage.

Visite guidée, mode d’emploi : pour chaque salle, plusieurs points de vue sont disponibles. Il suffit de cliquer directement sur le numéro de salle, ce qui affiche la vue. Devant chaque oeuvre, une icône information (i) permet d’afficher l’oeuvre en plus grand et d’obtenir toutes les informations à son sujet.

  • Le Palais d’Hiver
Entrée Palais d'hiver Musée de l'Ermitage Saint Petersboug

Impossible d’évoquer le musée de l’Ermitage sans commencer par présenter le Palais d’Hiver, qui a été pendant quasiment deux cents la résidence des Tsars.

Mais pour comprendre l’histoire du Palais d’Hiver, un petit retour est nécessaire sur l’histoire de la ville de Saint-Petersbourg.

Jusqu’au dix-septième siècle, l’emplacement actuelle de Saint-Petersbourg n’était occupé que par une forteresse construite par les Suédois (la forteresse de Nyenskans). En dehors de cette construction, l’embouchure de la Neva était principalement une zone marécageuse, très peu habitée. Défaits par l’armée russe en 1656, les Suédois détruisent leur forteresse et abandonnent les lieux. Pierre le Grand, qui règne sur la Russie à compter de 1682, se lasse de Moscou et décide de déplacer sa capitale à un emplacement plus stratégique. Son choix se porte sur l’ancienne forteresse de Nyenskans, idéalement placée pour commercer avec les ports de la Baltique, sur les ruines de laquelle il construit sa propre forteresse, la forteresse Pierre-et-Paul, marquant la fondation de Saint-Petersbourg.

Cette forteresse est toutefois d’un aspect assez rudimentaire, ses larges enceintes servant principalement à la défense. Or, à la même époque, Louis XIV vient d’achever la construction du château de Versailles, titillant la rivalité des autres souverains d’Europe. Chacun souhaite son chateau d’apparat, et Saint-Petersbourg ne dérogera pas à la règle. Pierre le Grand lance les constructions d’un nouveau palais, aux dimensions très modestes comparées à d’autres châteaux d’Europe, en face de sa forteresse initiale, sur l’autre rive de la Neva.

Pierre le Grand meurt en 1725, et c’est sa fille, Elizabeth Ire (arrivée au pouvoir uniquement en 1741 après une série de péripéties et de coups d’Etat) qui lance officiellement les constructions d’un palais capable de rivaliser avec les plus grandes demeures royales d’Europe. Le Palais d’Hiver, dans sa forme quasiment actuelle, était né. Au sein de ce palais, une aile privée réservée à la famille impérale fut rapidement surnommée « l’Ermitage ».

Si le palais était achevé, il en demeurait tout de même désespément vide, la cour n’ayant que très peu de meuble. L’impératrice Catherine se lance alors dans une vaste campagne d’acquisition d’oeuvres d’art dans toute l’Europe, à la fois dans une volonté de mécennat, mais également pour donner à son palais une décoration digne de son aspect. Elle achète aux quatre coins de l’Europe les oeuvres de Raphaël, du Titien, ou encore de Rembrandt ainsi que les plus beaux objets d’orfèvre. La collection s’agrandit tant et si bien qu’elle finit par déborder du palais, entraînant plusieurs aggrandissements du bâtiment. Avec une telle richesse d’oeuvres, il fut décidé d’exposer la collection au public. Le musée de l’Ermitage ouvrit officiellement ses portes en 1852.

Aujourd’hui, le musée occupe une partie du Palais d’Hiver. Mais l’importance de la collection a forcé le musée à s’agrandir au delà des limites du Palais. Le musée occupe donc désormais également le Palais Menchikov et le bâtiment de l’Etat-Major, situé autour de la place du Palais.

Les présentations faites, rentrons maintenant dans le coeur du musée.

  • L’escalier du Jourdain

L’escalier du Jourdain porte sur le plan les numéros 2-1, 2-2, 2-3, 2-4, 2-5, 2-6 et 2-7.

Notre visite commence par l’escalier du Jourdain, l’un des principaux escaliers du musée de l’Ermitage, et également de loin l’un des plus impressionnants. Et pour cause, l’escalier du Jourdain était l’une des premières choses que les invités voyaient du palais en cas de réception officielle. Le clinquant était donc de mise. C’est donc un magnifique mélange de moulures et dorures qui s’offre à nous lorsque l’on en grimpe les marches.

Après avoir un temps porté le nom d’escalier « des ambassadeurs », l’escalier fut rebaptisé en « escalier du Jourdain », car il servait principalement pour les processions de la fête du baptême du Christ.

  • La salle Malachite

La salle Malachite porte sur le plan les numéros 189-1 et 189-2.

Nous passons ensuite par la salle Malachite qui a conservé sa décoration d’antan et abrite aujourd’hui principalement des petits meubles et objets de décoration du dix-neuvième siècle.

Construite en 1839, cette salle a longtemps servi de salle de réception. Et l’on comprend pourquoi face à ses larges colonnes de malachite et sa peinture dorée. Entre juin et octobre 1917, elle fut le point de réunion du Gouvernement russe provisoire.

Salle Malachite Musée de l'Ermitage
  • La petite salle du Trône

La petite salle du Trône porte sur le plan les numéros 194-1, 194-2 et 194-3.

Après la salle Malachite et ses déluges de vert, la petite salle du Trône nous accueille avec ses nuances de carmin. Des tapisseries en passant par les rideaux, ce sont tous les tissus de la pièce qui sont d’un rouge vif. La pièce a conservé sa décoration d’origine malgré un incendie l’ayant entièrement détruite en 1837.

Au centre de ce décor fastueux, trône le trône construit en hommage à Pierre Ier.

  • La salle des armoiries

La salle des armoiries porte sur le plan les numéros 195-1, 195-2, 195-3, 195-4 et 195-5.

La salle des armoiries a été initialement conçue pour accueillir de grandes réceptions ce qui justifie ses proportions impressionnantes. Détruite en 1837 dans le grand incendie qui dévasta le Palais, la salle actuelle a été reconstruite par la suite sans forcément conserver son style d’époque.

Son nom provient des importantes statues de guerriers situées à chaque entrée qui accueillent les visiteurs. Celles-ci portent, en effet, le nom des différentes provinces de Russie.

  • La salle Saint George

La salle Saint-George porte sur le plan les numéros 198-1, 198-2, 198-3 et 198-4.

La visite se poursuit dans la salle Saint-George, également appelée « grande salle du trône » et ses impressionnantes dimensions. Six immenses lustres d’or ornent la salle, vide de quasiment toute décoration, à l’exception de quelques vases. Elle est, sans conteste, l’une des salles les plus impressionnantes du Palais.

Tout au fond de la salle, sur un immense fond rouge, sont affichées les armoiries de la Russie. Celles-ci représentent l’aigle à double tête avec, au centre, Saint George terrassant le dragon.

  • La salle Leonardo Da Vinci

La salle Leonardo Da Vinci porte sur le plan les numéros 214-1, 214-2 et 214-3.

Comme son nom l’indique, la salle Leonardo Da Vinci est consacrée à…Leonardo Da Vinci. Logiquement, on y retrouve deux oeuvres majeures du Maître, représentant chacune la Madonne et l’Enfant : la Benois Madonna (également appelée « la Madonne à la fleur » puisqu’elle représente Marie offrant une fleur à l’enfant Jésus) peinte en 1478 et la Litta Madonna peinte en 1482.

La salle Leonardo Da Vinci vaut également le coup d’oeil pour sa décoration, inspirée du style Louis XIV. Les fenêtres de la galerie, entourée de colonnes, donnent sur la Neva. Le parquet en bois imite les motifs d’un tapis. N’hésitez pas à également lever les yeux vers le magnifique plafond peint de scènes mythologiques.

  • La loggia Raphaël

La loggia Raphaël porte sur le plan les numéros 227-1, 227-2 et 227-3.

La loggia Raphaël est une longue galerie peinte, sur les murs de laquelle sont reproduites des chefs-d’oeuvres du Vatican, notamment les fresques de Raphaël. Ce ne sont donc pas des tableaux que l’on vient admirer dans cette galerie, mais les murs peints où se mêlent motifs floraux, chérubins, et dorures.

La loggia Raphaël n’est toutefois pas une copie exacte de la galerie du Vatican dont elle s’inspire : les armoiries du Pape ont été remplacées par celles de l’impératice Catherine.

La loggia Raphaël donne accès à la petite salle italienne, où l’on peut admirer à foison des tableaux du Veronese et de Tintoretto.

Salle italienne Musée de l'Ermitage
La verrière de la petite salle italienne
Hall Raphaël Musée de l'Ermitage
La salle Raphaël située non loin de la loggia Raphaël
  • La grande église du Palais d’hiver

La grande église du Palais d’hiver porte sur le plan les numéros 271-1, 271-2, 271-3 et 271-4.

La grande église du Palais d’hiver était l’église privée de la famille impériale, où les membres pouvaient venir prier à l’abri des regards, l’église n’étant ouverte au public qu’à des très rares occasions.

Décorée dans un style rococco, la création de l’église remonte au XVIIIème siècle. Détruite, comme une grande partie du palais, en 1837, l’église a été reconstruire dans son style d’origine.

Grande Eglise du musée de l'Ermitage Saint Petersbourg
Grande Eglise du musée de l'Ermitage Saint Petersbourg
  • La salle Alexandre

La salle Alexandre porte sur le plan le numéro 282-1.

La visite se poursuit dans l’une des plus belles salles du musée. La pièce, construite en hommage à l’empereur Alexandre Ier, dont le règne fut marqué par la victoire contre Napoléon lors de la campagne de Russie, a été édifiée au milieu du dix-neuvième siècle. Décorée dans un style mélangeant gothique et style classique, elle dégage une atmosphère très douce par son mélange de blanc et bleu clair et ses imposants lustres en or.

Dans cette salle sont aujourd’hui exposés des objets d’ornement et bijoux en argent.

Salle Alexandre Musée de l'Ermitage Saint Petersbour
  • La salle blanche

La salle blanche porte sur le plan les numéros 289-1, 289-2, 289-3 et 289-4.

Tout comme la salle Alexandre, la salle blanche est de construction plus moderne puisqu’elle a été édifiée en 1841 en préparation du mariage du futur empereur Alexandre II qui sera plus particulièrement connu pour ses mesures libérales, comme l’abolition du servage, qui conduiront à son assassinat en 1881 (une cathédrale sera édifiée à l’endroit de l’attentat, portant aujourd’hui le nom de cathédrale de Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé).

La salle blanche grâce à ses fines décorations servira de salle de bal et de réception. Elle est aujourd’hui dédiée à l’exposition de peintures françaises du dix-huitième siècle, la plupart représentant des paysages ou scènes mythologiques, s’alliant bien avec les colonnes corynthiennes et statues représentant des dieux romains décorant la pièce.

Salle blanche Musée de l'Ermitage
  • La salle dorée

La salle dorée porte sur le plan les numéros 304-1, 304-2, 304-3, 304-4 et 304-5.

Attention les yeux, car dans la salle dorée c’est dorure à profusion aux murs comme au plafond. Décorée dans style proche du style byzantin, la pièce est quasi entièrement recouverte de feuilles d’or, à l’exception des moulures blanches.Quoi de mieux pour coller à cette ambiance, que d’y exposer la collection de joyaux sculptés du musée ?

Petite particularité : les rideaux et meubles de la pièce étaient initialement rouge. Lors de la restauration de la salle dans les années 1960s, les restaurateurs ont estimé que le bleu siérait mieux à la pièce, cette couleur s’accordant mieux à la couleur bleu clair des plinthes. Ils ont donc opéré un petit changement de style rafraichissant, en remplaçant l’intégralité des rideaux de la pièce.

Salle dorée Musée de l'Ermitage
  • La salle rouge

La salle rouge porte sur le plan les numéros 305-1 et 305-2.

Sans surprise, la salle rouge de l’Ermitage est recouverte de tapisseries en soie rouge, accentuant le côté chaleureux de la pièce. Les plafonds en stuc sont également très travaillés.

La famille impériale se retrouvait pour prendre le thé, lire ou discuter. Parfois, des concerts y étaient tenus en petit comité. La décoration de la pièce inclut quelques références aux instruments de musique, pour rappeler sa fonction.

  • Le boudoir

Le boudoir porte sur le plan les numéros 306-1 et 306-2.

Le boudoir fut construit pour Maria Alexandrovna, épouse de l’empereur Alexandre II. Dans sa première version, la pièce était sobrement décorée dans des tons bleu pâles. Mais sur demande de Maria Alexandrovna, la décoration fut revue intégralement pour être remplacée par un déluge de rouge et or Rococo. Et l’on moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est très efficace.

Boudoir rouge Musée de l'Ermitage Saint Petersbourg
  • Le jardin suspendu du Petit Ermitage

Le jardin suspendu porte sur le plan les numéros G1, G2, G3 et G4.

Le jardin suspendu est situé au deuxième étage du musée. Il était initialement également composé d’un jardin d’hiver, détruit à la suite de la révolution. Durant le siège de Leningrad, de 1941 à 1943, le jardin servit de potager au personnel du musée qui put y faire pousser des légumes.

Jardins suspendus musée de l'Ermitage

Notre visite s’achève avec les jardins suspendus de l’Ermitage. Mais vu l’importance du bâtiment et de la collection, il reste beaucoup de choses à découvrir.

Pour poursuivre la visite, n’hésitez pas à vous rendre sur le site officiel du musée particulièrement complet. Il présente notamment un catalogue en ligne des oeuvres (en russe et en anglais) grâce auquel nous pouvons admirer les chefs d’oeuvre de la collection comme si on y était, ainsi qu’une galerie dédiée aux différents bâtiments composant le musée.

Bonne visite 🙂

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