Tokyo : Le quartier d’Asakusa

Asakusa est l’un des quartiers les plus touristiques de Tokyo, et pour cause, puisqu’il abrite le temple de Senso-Ji, l’un des plus vieux temples de la ville, et sa jolie pagode rouge.

Mais à Asakusa, touristique rime aussi avec authentique, les temples y étant entourés à la fois de petites rues charmantes et animées, et de plus grandes artères commerçantes, à l’image du Tokyo moderne. Ce joli patchwork fait d’Asakusa (à prononcer « Asaxa ») l’un des meilleurs quartiers pour découvrir les joies et ambiances de la capitale japonaise.

Après avoir fait un premier tour dans les quartiers de Tokyo, nous voici donc partis pour une visite des ruelles d’Asakusa.

Asakusa est, dès l’origine, l’un des quartiers les plus animés d’Edo (ancien nom de Tokyo), en raison de la proximité du quartier de Kuramae, quartier d’entrepôt et de commerce du riz.

Dès les débuts de l’époque Edo, au dix-septième siècle, des marchands appelés fudasashi (c’est-à-dire littéralement « courtier en riz ») louent des entrepôts afin de permettre aux producteurs d’y entreposer leur riz en échange d’une rente. Ces courtiers en riz s’enrichissent rapidement et ont bientôt envie d’un quartier plus animé que celui des entrepôts pour dépenser leurs recettes. C’est donc tout naturellement que le quartier voisin, Asakusa, se peuple de théâtres, de salons de thés et de maisons de geisha pour divertir tout ce beau monde.

Vue de la rue Saruwaka-Machi, au nord de l’actuel temple de Senso-Ji, par Hiroshige dans sa collection « cent vue d’Edo » (Saruwaka-machi Yoru no Kei, Utagawa Hiroshige, 1856, Brooklyn Museum)

Très à la mode jusqu’à la fin des années trente, le quartier d’Asakusa a malheureusement été en grande partie détruit par les bombardements de la seconde guerre mondiale. Si ses principaux monuments ont été reconstruits durant les années cinquante, il a été à cette période détrôné par le quartier de Shinjuku qui détient depuis le titre de quartier le plus animé de la capitale.

Asakusa reste tout de même aujourd’hui très populaire (surtout auprès des touristes) grâce au complexe de temples de Senso-Ji, à ses petites rues animées et à la promenade aménagée au bord de la rivière Sumida. Situé sur la ligne de métro « Ginza Line », le quartier d’Asakusa est également un excellent point de chute pour découvrir le reste de la ville.

  • Le temple de Senso-Ji

Les environs du temple de Senso-Ji sont la parfaite image de carte postale du Tokyo d’antan. Composé d’un ensemble de petits temples, le Senso-Ji fait rêver les touristes aussi bien que les locaux grâce à la beauté de ses poutres rouges et blanches. Chaque année, le troisième week-end du mois de mai, le festival du Sanja Matsuri célèbre la constitution du temple. Il s’agit de l’une des plus grandes fêtes de la ville qui réunit chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes.

Le temple de Senso-Ji est né d’une légende. Au début du VIIème siècle, deux frères qui pêchaient au bord de la rivière Sumida, auraient remonté dans leur filet une statue de la déesse Kannon, déesse de la compassion et de la miséricorde. A la vue de cette statue, les deux frères décidèrent de se convertir, et aidés par le chef de leur village, construisirent un temple pour y installer leur découverte, dévouant le reste de leur vie au bouddhisme. Leur temple, quant à lui, devint le futur temple de Senso-Ji.

Vue sur la Tokyo Skytree depuis l’esplanade du Temple de Senso-Ji

Le temple de Senso-Ji est aujourd’hui l’un des plus importants temple de Tokyo. On s’y rend en passant par la porte Kaminarimon, une importante porte de bois rouge, surnommée la « porte du tonnerre » grâce aux deux statues la gardant : la statue du dieu du vent (Fujin) et la statue du dieu des éclairs (Raijin). Datant du Xème siècle, la porte a été reconstruite à de nombreuses reprises, détruite tour à tour par les incendies et les tremblements de terre. La porte Kaminarimon est devenue l’un des symboles du quartier, principalement grâce à sa lanterne rouge, pesant quasiment 700 kilos.

Petite astuce : le bâtiment de l’office du tourisme du quartier (Asakusa Culture Tourist Information Center) est situé juste en face de la porte Kaminarimon. Un point d’observation gratuit situé au dernier étage permet d’avoir une vue dégagée sur tout le complexe de temples.

La porte Kaminarimon, vue par Hiroshige dans sa collection des « cent vues d’Edo » (Asakusa Kaminarimon Mae, Utagawa Hiroshige, ca. 1835-42, Metropolitan Museum)

Une fois la porte Kaminarimon traversée, on accède au Nakamise-Dori, longue rue commerçante piétonne, où les lampions sont allumés de jour comme de nuit, entourée de stands de nourriture, de souvenirs ou de petits objets folkloriques. La spécialité de la rue est le melon pan, sorte de pain brioché qui, contrairement à ce que son nom indique, ne contient aucune trace de melon.

Les touristes flânent en baskets au Nakamise-Dori, pendant que de nombreux locaux s’y retrouvent, élégamment habillés en kimono, avant d’aller prier ensemble au temple (voire parfois l’inverse, les kimonos cachant parfois d’authentiques touristes). La contre-allée est tout aussi belle, avec ses arrière-façades rouge brique, et permet d’échapper à la foule qui s’amasse autour des stands.

L’allée principale de la rue Nakamise-Dori
Contre-allée de la rue Nakamise-Dori

A l’autre bout de l’allée Nakamise-Dori se trouve la porte Hozomon (c’est-à-dire « porte de la maison du trésor »), haute de quasiment vingt-deux mètres. Plus imposante que sa soeur, la porte Kaminarimon, la porte Hozomon comporte deux statues de Nio, divinité gardienne des temples bouddhistes. La présence de ces statues est réputée empêcher l’entrée des démons ou des mauvais esprits dans l’enceinte du temple. De l’autre côté du temple pendent deux gigantesques sandales de paille (de quasiment 400 kilos chacune quand même).

La pagode aux cinq étages fait face à la porte Hozomon. Très jolie, illuminée de nuit avec ses couleurs rouge et blanc, elle est l’une des plus hautes pagodes du pays (les autres se situant en majorité dans la région de Kyoto) Un ensemble de petits stands s’est installé au pied de la tour. Le bruit de la nourriture qui frétille, l’odeur des pâtisseries que l’on cuit, et la joyeuse (mais calme) agitation qui règne de ce côté du temple peut nous rappeler l’ambiance de nos marchés de Noël, surtout à la tombée de la nuit.

La pagode à cinq étages du temple de Senso-Ji

Le sanctuaire principal du temple de Senso-Ji se dresse majestueusement au bout de l’allée, orné d’immenses lanternes rouges. Des petites fontaines de forme de dragon permettent de se purifier avant de prier. Les fidèles se rendent ensuite à l’entrée du temple afin de faire une offrande (en général quelques pièces) pour que leur prière soit entendue. Devant le temple est installé un encensoir où l’encens brûle jour et nuit. La fumée de l’encens aurait des vertus thérapeutiques. Nombreuses sont donc les personnes qui avant la prière viennent se tenir quelques instants dans la fumée de l’encens afin de guérir leurs maladies.

Le temple de Senso-Ji, avec en fond, la porte Hozomon
Les fontaines postées à l’entrée du temple permettent de se purifier les mains avant la prière
Le temple de Senso-Ji, vu par Hiroshige. Si l’emplacement de la pagode vous étonne c’est qu’elle était initialement construite du côté est du temple. Détruite durant la seconde guerre mondiale, la pagode a été reconstruite du côté ouest. Si Hiroshige peignait cette même vue aujourd’hui, tout son dessin s’en retrouverait inversé.
(Temple Kinryu-zan Senso-Ji, Utagawa Hiroshige, 1856, Metropolitan Museum)

Le temple de Senso-Ji n’est toutefois pas tout seul dans son enceinte. De part et d’autres du temple principal, une multitude de petits temples sont, en effet, cachés dans un petit parc où coule une rivière peuplée de carpes koïs. Le parc abrite notamment le sanctuaire d’Asakusa-Jinja, l’un des rares bâtiments du site à avoir survécu aux bombardements de 1945 et à donc être d’origine (la pagode aux cinq étages et le temple de Senso-Ji étant des reconstructions).

Là encore, l’ambiance est encore plus magique de nuit, lorsque le quartier se vide lentement, et que l’on se balade dans les allées entre les différents temples, accompagnés des statues de Bouddha et du bruit des petites cascades du parc.

Vue sur le petit temple de Yakushido
Plan des environs du temple de Senso-Ji
  • Les rues d’Asakusa

Ce qui intrigue en premier, si l’on s’éloigne du tempe de Senso-Ji, c’est le calme qui règne sur les petites rues d’Asakusa. Loin de la foule de touristes du temple, certaines des petites ruelles paraissent étrangement vides.

Une fois sorti des grandes artères de voitures (garanti quasi sans klaxon), on se retrouve rapidement perdu dans une jungle de petits immeubles, de câbles et de plantes verte posées à même la rue.

Une agitation invisible semble régner sur le quartier. Chaque rue a son izakaya (petit restaurant local) à la devanture de bois, sa collection de vélo ou ses petites boutiques devant lesquelles s’entassent des lanternes et des piles de cartons. Et pourtant, tout reste calme, parfois sans même un chat dans la rue.

Le style du quartier est un pêle-mêle architectural de petites maisons de bois, d’immeubles étroits à façade carrelée (qui ne sont pas sans rappeler le design de nos piscines municipales), et buildings de vingt étages. Le mélange peut sembler anarchique, mais le tout dégage pourtant un charme fou (d’autant plus que comme dans tout le reste de Tokyo, tout est impeccablement propre).

Orange Dori, l’une des principales rues commerçantes du quartier
La rue Denboin Dori a conservé des magasins à l’architecture traditionnelle et à la devanture en bois

Plus on se rapproche du temple de Senso-Ji, plus l’agitation grandit. Les rues situées au sud du temple sont dédiées aux commerces et aux galeries marchandes. Parmi eux, le plus célèbre est sans nul doute le Don Quijote Asakusa.

Chaîne de centre commercial, reconnaissable à sa mascotte en forme de pingouin bleu, chez Don Quijote on trouve de tout et surtout n’importe quoi. Cosmétiques à base de fleurs de cerisiers, crackers aux goûts divers et variés, costumes de pokémon pour enfants, costumes de pokémon pour adultes (dans des versions plus ou moins suggestives), et CDs d’Idols à la mode, le tout dans un improbable enchevêtrement où les jeux pour enfants se retrouvent dans le même rayon que le détartrant ménager. La musique tonitruante à chaque étage en bonus.

Niveau distraction, pas besoin d’aller bien loin, puisque que le Taito Station local se trouve à quelques pas seulement du Don Quijote. Taito Station quesaco ? Et bien tout simplement l’une des chaînes de salle d’arcades les plus populaires de la région. L’endroit rêvé pour s’essayer aux jeux Mario Kart, Dance Dance Revolution, Taiko No Tatsujin ou encore pour tenter d’attraper des peluches à coup de grappins. A l’intérieur, il y a du bruit, les machines à sous crient dans tous les sens, ça sent la cigarette, et pourtant on y reste des heures sans remarquer que le temps (et notre argent) file.

Les restaurants ne sont pas non plus en reste, et comme partout ailleurs à Tokyo, on mange très bien à Asakusa. Ramen, grillades, boulettes de riz sur le pouce ou brasseries plus chics, en sous-sol de rues minuscules, au rez-de-chaussée d’une galerie commerciale couverte ou perdu dans les étages, le choix est très large. Parmi les bonnes surprises, le Ichiran Ramen Asakusa, petit restaurant de nouilles en sous-sol situé non loin du métro Asakusa propose d’excellents ramens à des prix imbattables.

  • La rivière Sumida

Difficile d’évoquer le quartier d’Asakusa sans mentionner la rivière Sumida, qui borde le côté est du quartier. Particulièrement réputée pour ses beaux cerisiers (et donc spectaculaire an avril), le Sumida Park au bord de l’eau offre de très belles vues sur la Tokyo Skytree de l’autre rive. Achevée en 2012, la Tokyo Skytree est l’une des plus hautes tours du monde, dépassée uniquement (pour l’instant) par la Burj Khalifa de Dubaï. Haute de 634 mètres, elle domine la ville et est visible de nombreuses rues d’Asakusa. Le secret de sa solidité réside dans sa base triangulaire et dans une colonne de béton de plusieurs centaines de tonnes, suspendue en son centre, qui agit comme balancier en cas de séisme.

Une galerie commerciale typique du quartier avec, en fond, la silhouette de la Tokyo Skytree

Les bordures du fleuve abritent également le petit temple de Komagatado, construit à l’endroit précis où les deux frères pêcheurs auraient trouvé la statue ayant donné naissance au temple de Senso-Ji.

Le temple Komagatado au bord de la rivière Sumida par Hiroshige (Komagatado Azumabashi, Utagawa Hiroshige, 1857, Art Institute Chicago)

Asakusa est donc un incontournable pour qui souhaite découvrir Tokyo. Heureusement, pas forcément besoin de sauter dans un avion afin de découvrir les multiples ambiances du quartier. Aujourd’hui, de nombreuses chaînes Youtube permettent de flâner virtuellement dans n’importe quelle ville du monde, et Tokyo se trouve très bien pourvue en ce domaine.

Pour qui souhaite découvrir Asakusa, direction la chaîne du Youtubeur Rambalac qui propose de nombreuses balades dans le quartier de jour, comme de nuit.

Pour une promenade en fin de journée autour des temples et des ruelles du quartier, c’est par ici : https://youtu.be/b5AurdhTcUc

Pour une balade de nuit, sous la pluie (effet ASMR garanti), c’est par là : https://youtu.be/dBaWy8cmdoo

Et pour une experience immersive encore plus réussie, l’idéal est de savourer ces vidéos accompagnées d’une bonne tasse de thé, ou d’un bol de ramen fumant.

Bon voyage 🙂

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