Mer à Shimoda

Shimoda, un aperçu de la péninsule d’Izu

La péninsule d’Izu (伊豆半島), située à une centaine de kilomètres au sud de Tokyo, concentre toutes les beautés du Japon : petites villes charmantes, temples cachés dans la forêt et sources d’eau chaude (sans oublier les araignées – de terre comme de mer). Très prisée par les habitants de Tokyo, surtout le week-end, elle abrite une culture riche et des paysages à couper le souffle.

Lors de notre voyage au Japon, nous n’avons fait qu’un passage un peu éclair dans la ville de Shimoda (située tout au sud de la péninsule), ce qui nous a donné un avant-goût de toutes les merveilles que recèle cette presqu’île.

Découvrir la péninsule d’Izu

Une région volcanique entre mer et montagne

Géologiquement parlant, la péninsule d’Izu est née de la collision entre les plaque tectonique philippine et la plaque tectonique d’Okhotsk, ce qui explique que la région soit principalement couverte d’anciens volcans et qu’elle soit si riche en sources d’eau chaude (et malheureusement également en séismes). Cette activité volcanique a façonné ses collines et ses côtes spectaculaires.

Comment se rendre sur la Péninsule d’Izu depuis Tokyo

Pour explorer la région, plusieurs villes valent le détour :

  • Atami : station balnéaire accessible depuis Tokyo directement par le Shinkansen en un peu moins d’une heure ;
  • Ito : ville balnéaire et thermale accessible depuis Tokyo via la ligne de train Odoriko en un peu plus d’une heure et demie ;
  • Shimoda : ville historique de bord de mer située tout au sud de la péninsule et accessible depuis Tokyo via la ligne de train Odoriko en un peu moins de trois heures ;
  • Shuzenji : ville thermale située dans les terres, et dont l’accès depuis Tokyo nécessite un changement en gare de Mishima pour prendre la ligne de train Izuhakone.

Pour notre séjour, notre choix s’était porté sur la ville de Shimoda, réputée pour le charme de ses petites rues et de ses parcs.

Et, petite surprise pour les amateurs de dessin animé et de jeu vidéo, l’univers du premier jeu Pokémon est inspiré de la péninsule d’Izu. Satoshi Tajiri, créateur du jeu, est en effet originaire de la ville de Shimoda et s’est basé sur sa ville natale pour créer Bourg-Palette.

Un séjour à Shimoda

Les collines de Shimoda

Depuis Tokyo, le train longe la mer pendant quasiment trois heures, traversant les petits villages côtiers, avant d’enfin arriver en gare d’Izukyu-Shimoda, située en bordure du centre-ville. La première chose qui nous frappe est l’étrange succession de petites collines abruptes et verdoyantes qui entourent la ville, sans doute un vestige du caractère volcanique de la péninsule, qui donne un peu l’impression de débarquer dans un monde secret.

Pas grand monde à la gare ni dans le centre-ville lorsque nous descendons du train par cette belle journée de novembre. Shimoda reste une station balnéaire réputée pour ses belles plages, sans doute beaucoup plus populaires en été que pendant la basse saison, mais ce côté désert renforce le charme mystérieux des lieux.

Shimoda et le Commodore Perry

Si Shimoda est aussi connue dans l’histoire du Japon, c’est parce que c’est ici que s’est amorcée l’ouverture du pays sur le monde après quasiment deux cents ans de sakoku (« fermeture sur le monde »).

Par un matin de 1854, les habitants de Shimoda ont en effet vu se rapprocher les vaisseaux noirs de la flotte du Commodore Perry. Ce militaire américain avait été dépêché par le gouvernement des Etats-Unis pour ouvrir, par la force si besoin, un accès commercial aux ports japonais pour les commerçants américains. C’est donc tous canons pointés sur la ville de Shimoda que le Commodore Perry a négocié la signature de la Convention de Kanagawa autorisant les navires américains à faire halte dans le port de Shimoda pour se ravitailler, mettant fin à deux siècles d’isolement.

Les habitants de Shimoda ne sont toutefois visiblement par rancuniers, puisque la principale rue de la ville porte aujourd’hui le nom de Perry Road et un monument célèbre l’arrivée du Commodore dans la ville.

Balade à Perry Road

Perry Road est aujourd’hui une très agréable rue piétonne longeant une rivière bordée de saules pleureurs, petits cafés et restaurants.

On y trouve également plusieurs maisons de style Sawamura, le style d’architecture local de la péninsule d’Izu, caractérisé par une décoration à base de motifs de croisillon blancs.

D’un point de vue purement subjectif, le centre historique de Shimoda est probablement l’un des endroits les plus charmants que nous avons eu la chance de voir pendant notre voyage.

Notre exploration du centre nous a également amené à pousser la porte d’un petit restaurant de barbecue, en apparence sans prétention mais qui cachait un véritable trésor à la fois en la personne de la cheffe (une dame absolument adorable avec qui nous avons réussi à discuter tant bien que mal en mélangeant nos connaissances respectives d’anglais et de japonais dans la bonne humeur) et du repas (constitué de morceaux de viande à faire cuire sur un petit barbecue portatif). Pour les chanceux qui se rendraient sur place, le restaurant est référencé sur Internet sous le nom 焼肉食堂 成翠園.

Le Parc Shiroyama

Shimoda est également réputée pour le parc Shiroyama Shimoda, apparemment magnifique lors de la floraison des hortensias. Nous n’y étions pas dans la bonne saison pour les fleurs, mais nous avons tout de même été charmés par ce parc truffé de petits chemins qui traversent la forêt et d’où surgissent parfois des beaux points de vue sur la mer.

C’est aussi ici que nous avons fait notre première rencontre du troisième type avec les araignées Joro, vraies stars locales. Ce sont petites araignées extrêmement colorées qui tissent leurs toiles un peu partout au Japon. Objectivement, elles sont très jolies. A tel point qu’elles ont inspiré une créature du folklore japonais : les Jorōgumo, mi femme-mi araignée qui attirent les hommes dans leurs toiles grâce à leur grande beauté. Subjectivement, elles ont la fâcheuse tendance à tisser leur toile en plein milieu de la route, et on préfèrerait les observer de loin plutôt que de les retrouver coincées dans nos cheveux. Arachnophobes, vous êtes prévenus, il faut bien ouvrir l’œil. Ces araignées ne sont heureusement pas dangereuses pour l’Homme.

L’Observatoire du Mont Nesugata

Autre joli parc de la ville : l’observatoire du Mont Nesugata, accessible par un téléphérique qui survole la rivière Inouzawa pour nous transporter au sommet. De là-haut s’ouvre une magnifique vue sur la baie ainsi que sur les collines environnantes.

Les plages de Shimoda

Et Shimoda étant une ville côtière, la visite ne serait pas complète sans un détour par la plage. La plus connue de la ville est celle de Shirahama (grande plage de sable fin). Toutefois, celle-ci est un peu excentrée par rapport au centre-ville et par manque de temps et sans réel projet de baignade (mois de novembre oblige) nous n’avons pas fait ce détour.

Plus proche du centre-ville, nous avons en revanche poussé la balade jusqu’à la très belle plage de Nabetahama et ses eaux turquoise.

Que voir d’autre sur la péninsule d’Izu ?

Par manque de temps, nous n’avons pas poussé notre exploration de la péninsule d’Izu plus loin que la ville de Shimoda. Cette région recèle pourtant de beaucoup d’autres endroits à voir tels que :

La ville d’Atami (熱海): Atami est la station balnéaire d’Izu la plus accessible depuis Tokyo. Particulièrement populaires dans les années 1980s (ce qui a conduit aussi bien à la construction de ryokan que de grands complexes immobiliers le long de la mer), la ville est tombée légèrement en déclin avec l’éclatement de la bulle immobilière des années 1990s. Elle reste aujourd’hui tout de même une destination populaire pour locaux et touristes, notamment grâce à ses plages, son château (qui n’est absolument pas d’époque puisqu’il a été construit en 1959) et son musée d’art japonais (MOA美術館, MOA Bijutsukan). Pour le site de l’Office du tourisme d’Atami, cliquez ici.

Le fourneau de Nirayama (韮山反射炉) : classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le fourneau de Nirayama est une ancienne fonderie construite en 1857 par le gouvernement de Tokugawa.

La ville d’Ito (伊東) : Ito est une station balnéaire célèbre pour ses bâtiments historiques et plus particulièrement ses ryokans. Le plus connu d’entre eux est le Tokaikan (東海館), qui est l’un des derniers exemples des ryokan de bois construit dans la période Showa. Pour le site de l’Office du tourisme d’Ito, cliquez ici.

Le Mont Omuro (大室山, Ōmuroyama) : Le Mont Omuro est un volcan éteint, situé au sud de la ville d’Ito. Sa belle silhouette rappelle celle d’un bol de riz inversé, et peut être vue de nombreux endroits de la région Izu

La côte Jogasaki (城ヶ崎海岸, Jōgasaki Kaigan) : La côte Jogasaki est une portion du littoral située au sud d’Izu qui est particulièrement réputée pour ses falaises sombres, escarpées et spectaculaires.

Le festival des cerisiers de Kawazu ((河津桜祭り, Kawazuzakura Matsuri) : ce festival se tient chaque année de début février à début mars dans la ville de Kawazu. Grâce à un micro-climat et une variété de cerisiers très particulière, Kawazu peut en effet se vanter d’être l’une des premières villes du Japon à accueillir la floraison des cerisiers. Kawazu est également réputée pour son ensemble de sept chutes d’eau appelé Kawazu Nanadaru (河津七滝).

La ville de Shuzenji (修善寺温泉) : Shuzenji abrite l’un des plus anciens onsens de la péninsule. La ville tire son nom du Temple de Shuzenji, un temple de courant zen bouddhiste, fondé il y a plus de 1.200 ans par Kobo Dashi, l’une des personnalités religieuses les plus importantes du Japon.

Matsuzaki (松崎町, Matsuzaki-chō) : Matsuzaki est un village côtier situé entre Shimoda et Dogashima. Il est considéré comme l’un des cent plus beaux villages du Japon, grâce à ses maisons de style Namako (murs de losanges blancs sur fond noir). Ces maisons ont pour particularité d’être extrêmement résistantes au feu. On en compte deux cents dans le village. Matsuzaki est également réputée pour ses sakuramochi (gâteau de riz à la pâte de haricots rouges et aux fleurs de cerisiers).

Heda (戸田村, Heda-mura) : Heda-Mura est un village côtier situé sur le flan ouest de la péninsule d’où le Mont Fuji est particulièrement bien visible (par temps clair). Le village est également très connu pour ses spécialités de fruits de mer et notamment pour son crabe Takaashi-gani qui peut atteindre jusqu’à quatre mètres d’envergure.

Le site japan-guide est particulièrement pratique pour aider à y voir plus clair sur le réseau de transport en commun de la péninsule d’Izu (en anglais).

En pratique : Préparer son voyage à Shimoda (à jour octobre 2025)

  • Se rendre à Shimoda depuis Tokyo : Shimoda est accessible depuis Tokyo par la ligne de train direct Odoriko (durée du voyage : 2h30 environ ; coût du voyage : 6.000 yens l’aller-simple).
  • Quand se rendre à Shimoda ? : les meilleures périodes pour se rendre à Shimoda sont les mois de mars à mai et le mois de novembre.

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