Quartiers de Tokyo

Avec ses quarante millions d’habitants (banlieue comprise), Tokyo est de loin la plus grande ville du monde. Et ce n’est pas dans une ville de cette taille (située de surcroit dans une zone sismique instable où ingénieurs et architectes rivalisent de talents dans la promotion immobilière) qu’il faut chercher une harmonie urbaine. Car Tokyo ressemble plus à un assemblage de petites quartiers à l’ambiance très différente, allant du plus traditionnel comme Yanaka ou Asakusa, jusqu’aux bâtiments terriblement modernes de Shibuya, qu’à une ville à visage unique. Et c’est sans doute cette diversité qui fait que l’on pourrait s’y balader des heures entières.

  • Asakusa

Asakusa est souvent l’un des premiers endroits où l’on met les pieds en arrivant à Tokyo. Et pour cause, ce quartier à lui seul pourrait être la quintessence de la ville : le majestueux temple Senso-Ji d’où l’on aperçoit l’imposante Tokyo Tower, les restaurants à la devanture de bois entourés par les salles d’arcades où l’on joue au baseball sur le toit, sans oublier les galeries marchandes couvertes entrecoupées par des petites rues étroites noyées dans une jungle de câbles (mention spéciale au Don Quijote, énorme magasin fourre-tout sur plusieurs étages où l’on trouve de tout, des biscuits petit-déjeuners aux goûts extravagants, aux produits de cosmétiques, en passant par des peluches Pokémon).

Bien que légèrement excentré, le quartier est un bon point de chute pour visiter Tokyo, la ligne de métro Ginza Line permettant de rejoindre rapidement le centre. Il ne manque pas non plus de bonnes adresses pour faire une pause ou prendre le petit déjeuner (le café Suke6 Diner propose quelques tables en extérieur plutôt agréables).

La pagode à cinq étages du temple de Senso-Ji
D’après la légende, la fondation du temple de Senso-Ji remonte au 7ème siècle, à la suite de la découverte par deux pêcheurs d’une statue de la déesse Kanon dans la rivière Sumida
  • Harajuku

Harajuku est un micro-quartier dans un plus grand complexe, l’arrondissement de Shibuya. A l’est, la station de métro Omotesando, une immense avenue, équivalent local des Champs-Elysées (boutiques de luxe et restaurants chics au rendez-vous). Au centre, Harajuku, quartier « fashion » où les jeunes se donnent rendez-vous pour se montrer leurs costumes cosplay. Et à l’ouest, le très beau parc Yoyogi au centre duquel s’élève le sanctuaire Meiji, l’un des plus grands lieux de culte shintoïste du pays, dédié à l’Empereur du même nom.

L’occasion en une boucle, de voir le Tokyo des grandes avenues et des grattes-ciels, le Tokyo des boutiques fashion et le Tokyo plus traditionnel des temples et parcs. La balade à Harajuku vaut surtout le coup le dimanche matin, lorsque les jeunes tokyoïtes se réunissent autour de la rue Takeshita Dori et de l’entrée du parc Yoyogi, parfois en cosplay, pour se montrer leurs derniers achats.

Et en cas de petite faim après la visite du sanctuaire, le restaurant Sakura Tei propose des okonomiyaki (sorte d’omelettes) excellents, non loin de la sortie du parc.

La rue Takeshita Dori est la rue la plus fréquentée du quartier d’Harajuku
  • Shibuya

Le quartier de Shibuya c’est avant tout le Shibuya Crossing, le plus grand carrefour piéton du monde. La foule parfois impressionnante traverse ce croisement avec une fluidité étonnante, sans jamais se bousculer. On peut l’admirer depuis la vitrine du Starbucks Coffee ou, d’un peu plus loin, depuis le 11ème étage de la Tour Hikarie qui offre également une belle vue sur les grattes-ciels environnant.

Car Shibuya, ce n’est pas juste la plus grande gare du pays, mais également une forêt de buildings abritant magasins de luxe, boutique Nintendo, bureaux et restaurants (parmi les plus amusants, le restaurant de sushi sur tapis roulant Uobei, pas les meilleurs sushis du monde, mais très dépaysant).

Le carrefour de Shibuya vu depuis la tour Hikarie
  • Akihabara

Akihabara est le temple de tout amateur de mangas et de jeux vidéos qui se respecte. Le long des rues du quartier s’alternent les librairies spécialisées en mangas, les magasins de figurine sur plusieurs étages, les sous-sols où l’on peut s’adonner aux joies du rétro-gaming, les boutiques de cartes à collectionner et bien évidemment les salles d’arcade.

L’occasion de tester le jeu « Taiko no tatsujin », jeu de tambour incroyable (une fois que l’on a réussi à décrypter les idéogrammes).

  • Shimokitazawa

A l’origine, Shimokitazawa était une campagne éloignée du centre, dédiée à la culture du riz. Le quartier s’urbanise au début des années 1920 à la suite du séisme du Kanto et le déplacement des populations, puis devient, après la seconde guerre mondiale, un haut lieu du marché noir en tout genre, ce qui ne manque pas d’attirer petits commerçants, étudiants et artistes. La suite était logique, et Shimokitazawa est aujourd’hui le temple des magasins de vêtements de seconde main et de torréfacteurs de cafés.

Le quartier ne manque donc pas de petites boutiques de fripes (parmi les plus connues New York Joe Exchange, Flamingo et Shimokitazawa Garage Department au nord de la station Shimo-Kitazawa, et Chicago au sud de la station) et de cafés à l’ambiance souvent très hipster (comme The usual).

Le New York Joe Exchange est une friperie populaire du quartier
  • Yanaka et Nezu

Yanaka apparaît comme un havre de paix et de tranquillité au regard de certains autres quartiers. En sortant du métro Nippori, la sortie s’effectue quasi directement dans le cimetière de Yanaka où se cache le temple de Tennoji, un temple bouddhiste abritant une statue de Bouddha cachée parmi les cerisiers.

Un quartier à l’horizontale ou dans les petites rues les maisons dépassent à peine un ou deux étages. Par moments, on tombe sur des petites maisons de thé dont on se demande comment elles ont pu survivre aussi longtemps sur leurs fondations branlantes. Tout est calme dans les petites rues de Yanaka, et l’on ne croit plus une seule seconde être dans la plus grande ville du monde.

A côté de Yanaka, le quartier de Nezu reste dans le même esprit, avec le très beau sanctuaire Nezu-Jinja, l’un des plus anciens de la ville. Le sanctuaire se révèle particulièrement beau au printemps, à la floraison des pruniers et des cerisiers.

Le temple de Tennoji
Le sanctuaire de Nezu-Jinja
  • Odaiba

Odaiba est le quartier moderne par excellence. Et pour cause, il s’agit d’un quartier entièrement artificiel, construit sur une île remblayée sur la mer. Pour s’y rendre, la ligne de métro aérienne Yurikamome (la ligne de la « muette rieuse »), circule entre les étages des immeubles, alternant les vues entre la mer, le port et les impressionnantes autoroutes qui quadrillent la ville.

Une fois sur place, ce ne sont pas les divertissements qui manquent. Centre commercial reconstituant une ville italienne où même le plafond change de lumière selon l’heure de la journée (Venus Fort), parc à onsen basée sur les bains de l’époque Edo (Oedo Onsen Monogatari), gigantesque statue de Gundam, musée en forme de navire (Musée océanographique de Tokyo), tout y est.

  • Tsukiji et Ginza

Le quartier de Tsukiji abritait autrefois le fameux marché aux poissons de Tokyo, mais celui-ci a depuis déménagé dans un autre quartier. Toutefois, un marché à ciel ouvert se maintient non loin de l’ancien marché aux poissons. L’occasion lors d’une balade d’admirer la multitude d’espèces de poissons, de crabes, et d’autres crustacés présents sur les étals.

A quelques pas de là, le quartier de Ginza, présente un visage bien différent. Entre magasins et cafés de luxe, Ginza abrite quelques uns des bâtiments modernes les plus beaux de Tokyo (à ne pas rater notamment le bâtiment de la maison Hermès, intégralement en brique de verres).

  • Shinjuku

Shinjuku est un quartier contrasté qui abrite à la fois quelques un des plus grands grattes-ciels de bureaux mais également le Golden Gaï, ensemble de rues où se succèdent des bars minuscules.

A l’ouest de la Gare de Shinjuku, les quartiers de bureaux et les hautes tours dominent la ville. La vue depuis le siège du gouvernement métropolitain de Tokyo est d’ailleurs gratuite. Si la balade peut paraître froide parmi ces impressionnants buildings, quelques bons restaurants et bars chics se cachent quand même par les tours (le restaurant Choshunkan notamment pour faire ses propres grillades au barbecue, ou le New York Bar du Hyatt Hôtel immortalisé par le film Lost in Translation de Sofia Coppola)

Plus au nord, le quartier de Kabukicho, quartier « chaud » de la ville. Sur le papier, c’est un repaire de clubs douteux, de bars à hôtesses et de mafieux en vadrouille, mais, même si la réalité est sans doute moins reluisante que l’apparence, c’est plus sûr que n’importe quel quartier de grande ville française un dimanche après-midi.

Nichée au coeur de Kabukicho, le Golden Gai est un micro-quartier ayant miraculeusement survécu à l’Histoire, et resté tel quel depuis des décennies, échappant à la frénésie de la promotion immobilière des rues alentours. Les ruelles sont étroites, les immeubles semblent à peine tenir debout, le tout regorgeant de quasiment 200 bars sur seulement quelques rues. Des établissements minuscules, de moins de dix places, où les habitués se serrent pour lever le coude. Attention, de nombreux bars n’acceptent pas les touristes afin de préserver l’authenticité des lieux (certains fonctionnent même sur un système de cooptation, même pour les locaux!).

2 commentaires

  1. Eva Nagy Varsanyi

    Nagyon jol leirtad nagyon tetszett

    Le jeu. 21 mai 2020 à 17:48, Le voyageur imaginaire a écrit :

    > Lesdiapos posted:  » Avec ses quarante millions d’habitants (banlieue > comprise), Tokyo est de loin la plus grande ville du monde. Et ce n’est pas > dans une ville de cette taille (située de surcroit dans une zone sismique > instable où ingénieurs et architectes rivalisent de tal » >

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